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Pour moi, si il y a une chose à ne pas manquer à Casablanca, c’est le quartier des Habous, un voyage de tous les sens dans le maroc traditionnel.

Venir du centre ville de Casablanca en se dirigeant vers le quartier des Habous est un voyage dans le temps, quitter le Maroc moderne qui n’a rien de vraiment atypique avec la nouvelle Marina, les Twins Center pour se retrouver dans le Casablanca d’autrefois dans une médina qui n’est pourtant que du 19ème siècle et qui emprunte son nom du mot qui désignait l’assemblée religieuse traditionnelle qui attribuait les logements dans la médina de Casablanca. Il a la particularité d’avoir été construit dans un style tout à fait traditionnel mais avec le confort et les règles d’urbanisme modernes de l’époque. C’est un quartier unique : une médina moderne.

Ce quartier a été construit sous les ordres du Maréchal Lyautey sur un terrain donné par Haïm Bendahan, un juif marocain. Il a été destiné à accueillir l’immigration des artisans marocains qui venait de l’intérieur du pays pour construire la ville alors en pleine expansion, et qui logeaient jusqu’alors comme ils le pouvaient, souvent dehors et dans les rues près du port.

Le quartier des Habous se trouve à côté du Palais Royal, sur la colline de Mers Sultan et on peut également y trouver la mosquée « Al-Mohammadi » Mohamed V et son petit jardin fleuri entouré des bureaux des adouls, à la fois un peu greffier et huissier, ils sont spécialisés dans le status personnel, tu les trouveras dans leurs minuscules bureaux dépassant rarement les deux m2. Je discute avec Ali, adoul depuis plus de 30 ans, il m’explique que le métier devient difficile et devrait être modernisé, les notaires instaurés depuis le protectorat ont plus d’attributions et que la réforme de la Moudanawa, la loi sur le status personnel , notamment sur le divorce à réduit leur activité.

Un peu plus loin se trouve la Mahakma du Pacha, un imposant édifice de tuiles vertes, l’ancien tribunal musulman du Pacha et devenu l’une des 7 préfectures de Casablanca, très richement décoré à l’intérieur, il te faudra un guide pour admirer les 60 salles ornées de plafonds en bois sculpté, de carreaux de faïence, de stucs et de grilles en fer forgé.

Les habous c’est un enchevêtrement de ruelles, de petites places, des arcades de pierre et des successions d’échoppes de produits artisanaux. La partie des échopes et ateliers du quartier est organisé en kissaria, les magasins sont rassemblés en fonction de leurs activités et de la nature des articles à vendre. Certaines n’ont plus que le nom comme la kissaria « Essayaghine » où on ne trouve plus vraiment de bijoutiers et qui a été remplacé avec des artisants de babouches et de gandouras ou celle des écrivains publics, métier quasiment disparu du quartier. La kissaria la plus ancienne est certainement celle des tapis avec sa joutia, le souk à la criée où se vendent les tapis ainsi que celle des artisans travaillant le cuivre et où vous pourrez les admirer marteler les plateaux d’argent et de cuivre. Je tombe sur le marcher des olives, une cour carrée où on peut trouver des jarres remplies d’olives de toutes sortes… et sur une petite rue qui monte des marchands de toute sorte de dates et des figues de barbarie.

Et si tu peux y trouver des articles destinés aux touristes, c’est aussi le seul quartier où on peut encore trouver certains produits artisanaux destinés aux marocains. N’hésite pas à dire que tu vies à Casablanca pour avoir un meilleur prix et n’oublie pas que tout se négocie ici, cela fait partie de la culture et le prix d’appel en tiens toujours compte.

Je me suis arrêté sur la place d’El Baladya, celle des bouchers car il n’est pas possible dé résister à l’odeur des grillades pour le gourmand que je suis. Tu y trouveras toutes sortes de viandes, les têtes de chameaux en exposition sur les étales ne manqueront pas d’attirer ton attention. La kefta de chameau (viande hachée) est délicieuse, tu l’achètes au poids au boucher de ton choix et ensuite il te suffit d’aller t’installer à l’une des terrasses en face qui te plaira le plus et de demander au serveur de te la cuire, oublie pas d’ajouter la salade de tomates marocaine, les oignons grillés, quelques olives et le pain traditionnel… bien sur avec le thé !

Ici la pauvreté ne se cache pas, il est de tradition de partager pain ou viande avec les pauvres, alors un morceau de pain garni de kefta, d’une rondelle de tomate et quelques oignons grillés feront des heureux, ne t’en prive pas …

Après ce magnifique repas, c’est en déambulant que j’ai été attiré par l’odeur des épices dans une petite place juste derrière, une farandole d’odeurs et de couleurs qui s’échappent des étales couvertes de multitudes d’épices de toutes sortes et à côté des femmes pillant le henné dans des mortiers.

Il faut se faufiler, ne pas rester sur l’allée impériale malgré ses magnifiques arches, entrer dans les petites ruelles, passer la tête derrière les portes, discuter avec les habitants car c’est un quartier atypique, unique en son genre qui te réservera bien des surprises. Et il faut prendre le temps de s’imprégner de l’ambiance sereine du quartier des Habous, rien de tel que de se poser avec un bon thé sur la terrasse du Café Impérial accompagné de quelques douceurs à acheter juste avant à la pâtisserie Bennis, réputée pour être l’une des meilleurs du Maroc.

Des stages photos sont réalisées à Casablanca à la demande, accompagné d’un photographe professionnel tu n’auras te laisser guider pour découvrir les meilleurs spots à Casablanca, l’architecture unique de cette ville, les trésors cachés et les quartiers pittoresques. Renseignement ici.

Construit lors du protectorat français, exactement entre 1918 et 1955, le quartier des Habous s’etend sur 4 hectares.

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